Conclave

avril 21st, 2025

Rue Haute

avril 16th, 2025

 

Bibelot d’inanité.

Si le titre que je donne à ce message, Bibelot d’inanité (sonore) est dû à l’abscons et illisible Stéphane Mallarmé, l’idée qui me vient après avoir regardé Rue Haute, dont certains chantent merveilles, est plutôt la citation connue du non moins abscons et illisible Isidore Ducasse, qui s’intitulait pompeusement Comte de Lautréamont et qui a été célébré par ces farceurs de surréalistes. Tout le monde connaît cette cabriole verbale qui fascinait les gens de mon âge qui se voulaient originaux au milieu des années 60 (mais avant Mai 68, où l’on n’a même plus fait semblant de savoir lire) : Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. Read the rest of this entry »

L’agneau

avril 11th, 2025

La pesanteur du Mal.

Voilà enfin Cheyenne-Marie Carron commence à recevoir, au bout d’un long combat solitaire et courageux, des soutiens importants. L’agneau est son seizième film et ce n’est qu’au quinzième, l’excellent Que notre joie demeure (2024) inspiré par l’assassinat du Père Jacques Hamel par un musulman fanatique qu’elle a reçu un soutien de Canal +. Ceci alors que le moindre petit machin dans l’air du temps et dans le sens du prétendu Camp du Bien touche des financements qui permettent d’alimenter l’autosatisfaction du cinéma français gorgé de fric par le CNC. Read the rest of this entry »

Les ennemis

avril 8th, 2025

À complications multiples.

En se levant le leurs sièges à bascule, revêtus de peluche rouge usée jusqu’à la trame, qu’est-ce que les spectateurs ces arrondissements périphériques pouvaient bien penser d’un film aussi minable que celui-là ? Est-ce que l’on était content de son samedi soir ? Oui, dans une bonne mesure parce qu’on était allé au cinéma, peut-être même qu’on était allé prendre place au balcon (en cas de relative bonne passe financière) et aussi qu’on avait hélé l’ouvreuse pour acheter un esquimau Gervais ou un sachet de bonbons Kréma.
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Les seigneurs

mars 25th, 2025

La ville qui bouillonne.

Comment ne pas voir qu’il y a dans ces Seigneurs tournés en 1978, une référence explicite, un hommage à ce qui est et demeurera le plus beau, le plus remarquable, le plus puissant film de bandes qui s’affrontent dans l’immense sécheresse de New-York ? Comment ne pas voir l’évidente parenté des corridors dénudés des pauvres immeubles en briques sales du Bronx, les grillages, les murets, les passerelles, le labyrinthe des passages… et la même vacuité des rues, les terrains de basket, les espaces déserts, les commerces lépreux… Comment ne pas songer, n’est-ce pas à West side story ? D’ailleurs la séquence formidable où les Wanderers tentent d’échapper à la fureur chauve musculeuse des Baldies renvoie au même jeu de chat et de souris que se livrent Jets et Sharks. Identiquement le rassemblement, la jonction des groupes de Wanderers qui vont aller affronter en combat féroce les noirs Bombers comme des ruisseaux qui se rejoignent… Read the rest of this entry »

L’extravagant Mr. Deeds

mars 22nd, 2025
Les millions aux trousses.
Malgré un scénario un peu trop prévisible et qui confine quelquefois à la dégoulinade sucrée de bons sentiments, le film de Frank Capra est réellement très plaisant. Les séquences s’enchaînent avec humour et fluidité, tous les acteurs sont épatants, le discours tenu est gentiment manichéen, mais aucun des personnages n’est vraiment, vraiment mauvais, la justice y est présentée comme sévère, mais équitable, le populo est d’une honnêteté admirable, le New Deal de Roosevelt permet aux États-Unis d’espérer sortir de la grande Crise, même si on sait bien que c’est l’économie de guerre qui le leur permettra.

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Prêtres interdits

mars 14th, 2025

Allons voir sous la feuillée…

Ah que nous rencontrons là un beau pont-au-ânes fascinant ! Le mariage des prêtres – ou plutôt l’impossibilité pour les prêtres de se marier.

En voilà des torrents de préoccupations : Un prêtre marié de Barbey d’AurevillyLa faute de l’abbé Mouret d’Émile Zola (et Georges Franju) et au cinéma des tas de trucs plus ou moins intelligents, plus ou moins subtils comme Le défroqué de Léo Joannon (1954). Aussi l’épouvantable et sucré Les oiseaux se cachent pour mourir de Daryl Duke d’après Colleen McCullough en 1978. Sûrement des tas d’autres. Pour moi le plus subtil, le plus intelligent, le plus pénétrant sur le sujet, c’est La femme du prêtre de Dino Risi en 1971.

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Pain et chocolat

mars 6th, 2025

L’homme coupé en deux.

Léger, drôle, cocasse et même quelquefois bouffon ; mais aussi pathétique, cruel, agressif parfois bouleversant ; désespéré et plein de perspectives ; la propreté glacée des lacs de montagne et la crasse grasseyante gaie des plus pauvres miséreux. Qu’est-ce qui peut comporter tout ça, sinon une comédie italienne de la meilleure veine ?

Et alors même que le réalisateur, Franco Brusati parait n’avoir aucune expérience du genre, pas même comme scénariste. Read the rest of this entry »

2ème bureau contre Kommandantur

mars 1st, 2025

La résistance oubliée.

On a trop tendance à oublier, emportés qu’on est par le miracle de la Marne, l’héroïsme de Verdun, le désastre de la Somme, la victoire finale, que, lors de la Première guerre, la France a été occupée. Certes pas dans la même ampleur que lors de la Seconde, mais plus longtemps encore, de septembre 14 à novembre 18 et sur une bonne partie des terres du Nord et de l’Est, 10 départements en tout ou en partie (sans compter, naturellement, l’Alsace-Moselle aux mains des Boches depuis 1870). On a tendance à oublier, et un peu davantage, que cette occupation, de la même nature que celle de 40 (voir le très complet article de Wikipédia) a suscité, elle aussi, une vivace résistance. Read the rest of this entry »

Collision

février 21st, 2025

Toutes les douleurs du monde.

Les films où se mêlent et s’entrecroisent les destins de personnages qui n’ont apparemment pas de rapports directs entre eux sont toujours délicats à conduire : il faut tout à la fois individualiser, identifier, faire reconnaître les personnages mis en scène et brosser le panorama de la scène générale où tout le monde s’agite. En d’autres termes, l’idéal serait à la fois de scruter chacune des fourmis qui s’affairent – apparemment de façon absurde – et en même temps la fourmilière, dont la cohérence, la structure et l’harmonie constituent un exemple admirable. Read the rest of this entry »