Le mythe d’un pacte entre les Puissances des ténèbres et un homme à qui sont accordées jeunesse, puissance, savoir, fortune contre la cession de son âme immortelle est très ancien. L’Antiquité et le Moyen-Âge ont connu des récits ainsi inspirés mais la légende prend vraiment tournure dans le Faustbuch anonyme de 1587. Puis naturellement les deux versions (1808 et 1832) de Goethe et sans doute une grande palette de variations. Au cinéma beaucoup de titres aussi : par exemple La main du diable de Maurice Tourneur (1943), La beauté du Diable de René Clair (1950), le trop méconnu Marguerite de la nuit de Claude Autant-Lara (1955).
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Archive for the ‘Chroniques de films’ Category
L’homme qui vendit son âme
jeudi, septembre 5th, 2024Le Roi de cœur
mardi, septembre 3rd, 2024L’enthousiasme de certains amateurs pour Le Roi de cœur me stupéfait. Là où on a vu fantaisie, poésie, légèreté, magie, je n’ai trouvé que bric-à-brac idiot, ennui profond, inanité du récit et des personnages ; je n’ai de crédit que pour quelques belles images de la belle ville de Sentis et pour les thèmes musicaux de Georges Delerue. Comment se fait-il que mon point de vue, si souvent analogue à certains que j’estime soit ici tellement différent ?
Le roi des camelots
samedi, août 24th, 2024Ah, cher Berthomieu qui tourniez n’importe quoi, avec gaieté, légèreté, tranquillité et qui nourrissiez les salles du samedi soir avec un paquet de films où – selon l’expression archaïque et consacrée – on ne se cassait pas la nénette, merci d’avoir donné ce bien gentil Roi des camelots où on vous retrouve tout entier, où on retrouve tout entiers des gens de grand talent, Robert Lamoureux étincelant bien sûr, et Yves Deniaud mais aussi un acteur qui n’a sans doute jamais trouvé une meilleure exposition à l’écran ; vous vous demandez qui ? Mais Charles Bouillaud bien sûr, qui vous fera vous interroger mais que, en regardant son visage, vous retrouverez la silhouette… Bouillaud a bien dû apparaître dans 150 ou 200 films, quelquefois pour quelques secondes ; je ne peux imaginer ce qu’a été sa vie, sans doute parcimonieuse, à courir le cachet.
Urgences
jeudi, août 22nd, 2024Je pensais que Raymond Depardon, grand photographe et réalisateur avait porté son regard si pénétrant et ses manières de montrer sans employer de commentaires, en disparaissant le plus possible derrière une simple caméra, je pensais donc à un film sur l’affreux caravansérail des Urgences hospitalières. J’ai eu tort, avant de télécharger le film de ne pas avoir lu qu’il s’agissait en fait d’un reportage sur le service psychiatrique de l’Hôtel-Dieu de Paris et exclusivement sur ces terribles troubles du comportement et de l’abolition de la raison. (suite…)
Il était une fois un flic…
mercredi, août 21st, 2024Malgré son titre abominable et mal inspiré, Il était une fois un flic ne manque pas tout à fait de qualités.
Grâce à Mireille Darc, bien sûr qui, dès qu’elle apparaît dans un film l’ensoleille, grâce à Michael Lonsdale qui n’a jamais rien raté dans sa longue carrière, grâce, bien sûr à Michel Constantin qui, comme on l’a longuement rappelé portait à l’écran sa présence physique, drue, charnelle, inoubliable. (suite…)
Benny’s video
mercredi, août 21st, 2024D’une manière générale, le cinéma de Michael Haneke, qui est incontestablement un des plus remarquables cinéastes d’aujourd’hui est empreint de la haine de soi. C’est éclatant dans 71 fragments d’une chronologie du hasard, dans La pianiste, dans Le ruban blanc ; il y a aussi, toujours, un regard grave, distant, inquiétant sur la nature humaine et sur ses comportements singuliers (Funny games, Caché et même Amour. Cinéma du malaise, cinéma malsain et culpabilisant. (suite…)
Espoir – Sierra de Teruel
samedi, août 17th, 2024La guerre d’Espagne méritait mieux.
Le seul intérêt de cet Espoir est qu’il est l’unique réalisation cinématographique d’André Malraux dont on peut se féliciter qu’il ait ensuite porté ses talents ailleurs, tant cette espèce de brouillon, ni artistique, ni didactique laisse sur sa faim. Remarquez, lorsque j’écris ça, j’y mets une certaine mauvaise foi ; que ça étonne ou non, alors que je suis un lecteur compulsif et vorace, je ne connais pas une seule ligne de l’auteur de la Condition humaine et je concentre seulement mon admiration à l’écoute du discours qu’il prononça, dans le vent glacé du 19 décembre 1964 lors de l’entrée au Panthéon des cendres de Jean Moulin avec leur long cortège d’ombres. C’est comme ça, malgré deux ou trois tentatives, je n’ai jamais pu entrer dans les livres de Malraux (pas davantage que dans ceux d’Albert Camus autre gloire ignorée de moi). (suite…)
Silence
mercredi, août 14th, 2024Je viens simplement de découvrir ce Silence de Masahiro Shinoda, sorti en 1971, adapté d’un roman de Shusaku Endo qui est, paraît-il, un grand écrivain catholique de la trempe de Georges Bernanos ou de Graham Greene.Je ne peux pas pour autant m’abstraire de l’émotion profonde et du bouleversement intérieur que le film de Martin Scorsese avaient suscité en 2016, tant ce regard absolument intelligent détonait sur la masse grouillante des films du quotidien. (suite…)
Elle court, elle court, la banlieue…
mardi, juillet 23rd, 2024Ça n’a (presque) pas pris une ride.
Je me suis toujours demandé pourquoi la délicieuse Marthe Keller n’avait pas accompli un parcours plus éclatant, tant son charme lumineux, sa beauté souple, la qualité de son jeu semblaient la promettre à une carrière internationale superbe. L’ami Verdun, qui partage mon goût pour la belle actrice, m’a exposé (sur le fil des Caprices de Marie), que c’est sans doute une certaine dispersion de ses talents qui l’avait un peu confinée à une notoriété modeste. Je crois qu’il a raison ; d’autant que l’enfermement dans le feuilleton télévisé à succès La demoiselle d’Avignon l’a aussi cornérisée (comme on dit au football). N’empêche qu’elle était magnifique dans Le diable par la queue (1968) et, précisément Les caprices de Marie (1970), l’un et l’autre film de Philippe de Broca (qui était alors son compagnon), ou dans Marathon man (1976) de John Schlesinger. Mais depuis lors, dans le bien banal Fedora (1978) de Billy Wilder, elle n’est pas parvenue à hausser le niveau du film. (suite…)