Archive for the ‘Chroniques de films’ Category

Le chêne d’Allouville

vendredi, juillet 19th, 2024

Franchouillardise prémonitoire.

Pour être bien sincère, je me suis toujours délecté des abominables et délicieux nanars des années 30, 40 et 50, parce qu’ils me montraient le monde que je n’ai pas connu, ou à peine, mais qui était celui dont mes parents m’avaient parlé, ne serait-ce que discrètement ou sans y attacher la moindre importance. Mais je me suis toujours tenu très éloigné des catastrophes cinématographiques suivantes. L’affreuse nullité de Mais où est donc passée la 7e compagnie ? (1973) du pourtant si excellent Robert Lamoureux avec ses pires séquelles, les abominations de Philippe Clair, par exemple La brigade en folie (1973) – rien que le titre ! -, l’immonde succès de La soupe aux choux (1981) de Jean Girault, la notoriété de Mon curé chez les nudistes (1982) de Robert Thomas… et dix, cent autres films avec les Charlots, par exemple, voilà qui me portait au cœur. (suite…)

Les guerriers de la nuit

vendredi, juillet 19th, 2024

Flinguez-moi tout ça !

C’est une sorte de jeu vidéo assez intelligemment composé où des gangs de crapules new-yorkaises qui ont failli être réunies par un leader charismatique Cyrus (Roger Hill), patron de la bande importante des Riffssont dévastées par l’assassinat de leur leader et cherchent à se venger sur le gang jugé coupable. Au fait, dans l’esprit, on peut tout à fait se féliciter que Cyrus ait été abattu, puisqu’il était en train d’annoncer aux diverses coteries qu’elles étaient les armées de la nuit, capables de réunir 100.000 combattants, là où la police de New-York ne peut en présenter que beaucoup moins. Les portes étaient donc ouvertes à l’anarchie et au pillage des honnêtes gens. (suite…)

L’embuscade

mercredi, juillet 17th, 2024

La vie est dure.

Voilà un mélodrame qui n’est pas trop larmoyant, alors qu’il s’appuie, pourtant, sur des recettes éprouvées : des secrets de famille, un homme de fer qui s’est fait tout seul et qui dirige de main de maître une importante usine automobile, un jeune homme de grande intelligence mais très malheureux et – ce qui est hardi en 1941, lorsque le film a été présenté sur les écrans – un inceste possible entre une très jeune fille et le jeune homme intelligent qui est, en fait, son demi-frère. Voilà des ingrédients d’une banalité relative que l’on mixe avec une certaine habileté et qui donnent, en fin de compte, un film très acceptable. (suite…)

Marie des Isles

lundi, juillet 15th, 2024

Jolie fille, tu as de la chance !

Robert Gaillard était, dans les années 50 et 60, un des grands producteurs de sagas historico-érotiques, comme l’ont été, à peu près à la même époque (un peu auparavant), les récits du couple Golon (Anne et Serge), auteurs de la série des Angélique, marquise des anges. Mais il est certain que Marie des Isles n’a pas eu – et de loin – la même notoriété. Pour n’avoir pas lu les quatre volumes de Marie et seulement cinq ou six des treize (!!!!) d’Angélique, je ne puis dire si le fond romanesque est ici meilleur que là. Mais en tout cas le film – le seul – adapté de Gaillard par Georges Combret ne vaut pas tripette par rapport à la série illustrée par Bernard Borderie. (suite…)

Le visiteur

lundi, juillet 15th, 2024

Pour les siècles des siècles.

Le Concile Vatican II s’est déroulé d’octobre 1962 à décembre 1965 à l’initiative de Saint Jean XXIII. C’est peu dire qu’il a apporté de très notables changements à la liturgie catholique traditionnelle. Dans les années qui ont suivi sa clôture, sous Saint Paul VI, transformations introduites ont suscité, ici et là, des dérives quelquefois très profondes et significatives, allant toutes dans le sens de la diminution de la sacralité de l’Église, au bénéfice d’une bienveillance universaliste qui ne permettait en rien de distinguer le christianisme d’un humanisme passe-partout.

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La gorgone

vendredi, juillet 12th, 2024

Sombres forêts de Germanie.

Mon Dieu, qu’ils étaient excellents, les films de la Hammer, reconnaissables entre tous grâce à leurs costumes, à leurs décors, à la façon dont les images étaient filmées, graves, belles, menaçantes, diurnes ou nocturnes mais toujours angoissantes ! Mon Dieu, combien il y avait d’inventivité, de subtilité, d’élégance dans les récits que cette grande maison offrait à ses innombrables admirateurs qui s’appuyaient sur le talent de grands acteurs, Christopher Lee et Peter Cushing. Et dans La gorgone les deux vedettes sont là, qu’on peut juger presque à contre-emploi, Lee en bon, Cushing en méchant ! Et en fait ce n’est pas si simple que ça. (suite…)

Mademoiselle s’amuse

jeudi, juillet 11th, 2024

Le charme des vieilles troupes.

Les orchestres à sketches, étaient très à la mode, avant la Guerre et parmi eux, en France, aucun, malgré les succès de Fred Adison ou de Jo Bouillon (plus tard ceux de Jacques Hélian ou d’Aimé Barelli), n’avait le même succès que celui de Ray Ventura. Par parenthèse, on peut bien regretter, tant le genre était gai, drôle et chaleureux qu’il ait disparu presque malgré les succès du Grand orchestre du Splendid en France, entre 1977 et 1990 et de Max Raabe und das Palast Orchester en Allemagne aujourd’hui. Mais la présence d’une vingtaine d’interprètes sur la scène rend de nos jours l’exercice économiquement très difficile. (suite…)

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

lundi, juillet 8th, 2024
« L’automne est morte, souviens-t-en »
Je n’ai pas lu la nouvelle de Stefan Zweig (je sais ! j’ai tort !) dont le film de Dominique Delouche est adapté, mais d’après ce que j’en apprends ici ou là, je crois pouvoir dire que l’adaptation est très libre. Le début du siècle à l’époque de la guerre offre un certain intérêt dramatique et ne bouscule pas la représentation des décors, des toilettes et des mentalités : car le 20ème siècle véritablement commencé avec la Victoire de 1918 et les années folles qui ont immédiatement suivi. On ne peut pas nier, par ailleurs que de placer l’histoire non pas à Monte-Carlo, mais dans le sublime cadre du lac de Côme, à Bellagio dont les palaces, la Villa Serbelloniet L’hôtel de Grande-Bretagne n’ont rien à envier à ceux de la Principauté permet de donner au spectateur de bien belles images.

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Whisky à gogo

dimanche, juillet 7th, 2024

Célébration de l’eau-de-feu.

Avant que la Grande-Bretagne ne devienne le 51ème État d’Amérique, elle a connu, nourrie d’excentricité et de nonsensique, une période délicieuse largement portée par le talent de Sir Alec Guinness. Est-ce parce que cet immense acteur ne fait pas partie de la distribution de Whisky à gogo que j’ai trouvé bien faible ce film de 1949 d’Alexander Mackendrick dont j’ai pourtant bien apprécié L’homme au complet blanc(1951) ou Tueurs de dames (1955) ?

Guinness rayonne dans Noblesse oblige de Robert Hamer (1949), et on m’a dit grand bien de son interprétation dans De l’or en barres (1951) de Charles Crichton qui, presque cinquante ans plus tard (1998) réalisa ce petit chef-d’œuvre d’esprit et de sarcasme nommé Un poisson nommé Wanda qui renouait alors avec cette tradition d’Outre-Manche. (suite…)

Le comte de Monte Cristo 2024

dimanche, juin 30th, 2024

Comment réussir un ratage.

Ceux qui n’ont jamais lu Le comte de Monte-Cristo (même dans la version raccourcie et enfantine de la Bibliothèque verte), qui n’ont pas pu vibrer au fil des 1500 pages du roman d’Alexandre Dumas dans sa version intégrale pourront trouver du plaisir à regarder cette grande machinerie hollywoodienne. Il est vrai que lire, aujourd’hui, c’est demander beaucoup. Pourrait-on alors renvoyer aux précédentes adaptations filmées du récit ? Une bonne dizaine depuis l’arrivée du cinéma parlant, notamment celle de Robert Vernay en 1954 avec Jean Marais ou celle de Claude Autant-Lara en 1961 avec Louis Jourdan dans les rôles-titre. (suite…)